PSYCHOLOGIE DU CONFLIT
La violence n’apparaît jamais par hasard. Elle est souvent le symptôme d’une rupture : rupture de cadre, rupture de communication, rupture émotionnelle.
Une évolution visible
Lorsque j’étais plus jeune, les jeux vidéo étaient loin de la réalité visuelle d’aujourd’hui. La violence y était symbolique.
Aujourd’hui, elle est immersive, réaliste, permanente. Elle se banalise. Elle devient un décor.
Nous communiquons moins. L’écran est devenu un intermédiaire constant : il filtre nos émotions, remplace le dialogue, et parfois empêche l’échange réel.
Constat du terrain
Lorsque j’étais policier de terrain, j’intervenais sur des vols à l’arraché où la violence était rare. Aujourd’hui, beaucoup d’actes sont immédiatement violents.
La frustration n’est plus tolérée. Tout doit aller vite. Tout doit être obtenu immédiatement. Le désaccord devient conflit.
Influences & Réflexion
Les travaux de Boris Cyrulnik sur la résilience et le développement émotionnel ont profondément influencé ma réflexion.
Mes échanges avec Robert Paturel ont renforcé une conviction : la technique seule ne suffit pas. Comprendre l’humain est indispensable.
Avant les gestes techniques, il y a la lecture. Avant la réaction, il y a l’analyse.
La communication avant la confrontation
La violence est souvent un mode de communication lorsque les mots ne sont plus disponibles.
Savoir échanger, accepter un désaccord, tolérer la frustration, comprendre que l’autre peut avoir un avis différent… ce sont des compétences devenues rares.
Dans la Méthode Shao, si la communication est possible, elle est toujours prioritaire.
La technique intervient lorsque la communication n’est plus viable.
La self-défense moderne ne consiste pas à frapper plus fort. Elle consiste à comprendre plus tôt.
Observer. Détecter les indices. Casser la dynamique du conflit. Rester stable lorsque l’émotion monte.
Instinct. Analyse. Stabilité.
